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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 20:39

Lutte.jpgMobilisons-nous !
Depuis 30 ans, la crise de l’emploi continue. Elle est amplifiée par la crise financière que nous subissons depuis 2008 qui a été déclenchée par les spéculateurs.
Les conséquences sont connues, la France est de plus en plus fragmentée entre ceux qui tirent leur épingle du jeu, ceux qui voient leur pouvoir d’achat comprimé et ceux qui perdent tout. Car la crise tout le monde ne la subit pas : les hauts revenus ont explosé pendant que le chômage et la pauvreté explosent aussi. Les 40 plus grosses entreprises cotées en bourse en France [CAC 40] annoncent un bénéfice pour 2009 de 49 milliards d’euros ! Les capitalistes peuvent se frotter les mains car en plus l’Etat les aide : exonérations fiscales, aides financières par milliards… Dans le même temps la droite continue de détruire les services publics notamment en supprimant des emplois dans l’éducation ou la santé, en privatisant la Poste… Et maintenant, droite et patronat s’attaquent à nos retraites.


Alors que tout devrait être fait pour réduire les inégalités, on assiste au
contraire à leur creusement. C’est inacceptable et nous devons le dire avec force !
  La sortie de cette crise passe par des mesures en faveur de l’emploi, du pouvoir d’achat et de la qualité de vie au travail. Ces mesures, doivent être au cœur des mobilisations du 23 mars.

 

Le retour au plein emploi doit être une priorité nationale :

·  Les employeurs doivent privilégier l’emploi stable.

·  Un effort important doit être pour l’accès des jeunes aux entreprises.

·  Les salariés et les demandeurs d’emploi doivent bénéficier d’actions de formation leur permettant d’élever leur niveau de qualification et de se préparer aux emplois de demain.

. Les demandeurs d’emploi en fin de droits d’indemnisation doivent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour leur permettre de retrouver un emploi.

Les conditions d’accès à l’Allocation spécifique de solidarité et au RSA doivent être élargies pour accroître le nombre de bénéficiaires.

Les mesures sociales pour faire face à la crise doivent être financées par la suppression du bouclier fiscal et la création d’une tranche d’impôt supplémentaire pour les hauts revenus.

La réduction des inégalités, c’est aussi des négociations salariales permettant une plus juste répartition des richesses produites.

Agir pour l’emploi, c’est aussi agir pour la pérennité de notre protection sociale, la sauvegarde de nos retraites, qui doivent intégrer les parcours professionnels chaotiques et la pénibilité.

 

Se battre pour l’emploi, c’est agir pour la dignité, le progrès humain et l’avenir de tous.

Mobilisons nous massivement mardi 23 mars !

En attendant le 23, n'oublions pas le 21. En effet, face à un gouvernement et un Président de la République qui nient la persistance de la crise et donc les difficultés que rencontre la majorité de Français, il faut battre le rappel pour plus de participation citoyenne aux élections régionales.

Mobilisons nous aussi massivement dimanche 21 mars !
 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 10:39
mali2.jpgLes préoccupations des Maliens sont avant tout d’ordre alimentaire à cause de l’incertitude qui pèse sur la qualité et la quantité des récoltes pour l’année 2009, incertitude liée à une campagne pluvieuse tardive. Le Mali étant un pays dont l’économie est essentiellement agropastorale, cette incertitude risque de se répercuter sur le taux de croissance de l’économie malienne en 2010 et les récoltes ne vont pas atteindre le chiffre escompté pour 2009, c’est-à-dire 4 millions de tonnes de céréales.

Le Nord du Mali reste marqué par les préoccupations d’ordre sécuritaire même si la tendance est à l’apaisement avec les groupes rebelles touaregs.

Dans les zones urbaines et en particulier à Bamako, les préoccupations sont plus du domaine de l’assainissement et de la gestion des déchets ainsi que l’accès à l’eau, notamment dans les périphéries urbaines.

Enfin se pose le problème de la baisse des revenus. La crise économique a affecté la trésorerie de l’Etat. Or l’accumulation des arriérés de paiement de l’Etat malien répercute sur l’ensemble des partenaires économiques maliens, puisque l’Etat est le premier opérateur économique au Mali. L’endettement de l’Etat malien agit donc comme goulet d’étranglement, à la fois dans le domaine économique mais aussi dans le domaine de l’emploi.

Pour pallier ces incertitudes économiques, l’Etat malien a mis en place des initiatives comme l’Initiative Riz dans la zone de l’Office du Niger mais aussi dans la région de Sikasso, et qui consiste à aménager des surfaces irriguées et ensemencées à la fois en saison principale et en contre-saison au Mali afin de produire un million de tonnes de riz par an. L’Etat a également mis à disposition plus de 15 milliards de francs CFA destinés à la distribution de semences, d’engrais et autres intrants, à la formation des petits producteurs et à leur rémunération. Le potentiel de production céréalière semble largement sous-estimé puisque seuls 120 000 hectares ont déjà été aménagés sur les deux millions potentiels, et seuls 600 000 tonnes de riz ont été produites. Le Mali possède actuellement un potentiel de production de 10 millions de tonnes de riz qui lui permettrait d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Pour répondre aux besoins en main d’oeuvre agricole, le Mali fait appel à une immigration circonstancielle d’ouvriers originaires du Burkina-Faso, destinée aux campagnes rizicoles.
Enfin l’Etat a mis également en place des mesures pour favoriser l’insertion agricole des jeunes et prépare une réforme foncière visant à promouvoir l’accès à la terre et donc à la propriété pour les petits paysans de l’Office du Niger. La propriété de la terre est une garantie pour lever des capitaux auprès des banques et rechercher des investissements.

Le 3 août l’Assemblée Nationale a adopté le nouveau Code des Personnes et de la Famille. Cette réforme impacte à la fois le contexte politique et social. Elle confronte les zones urbaines aux zones rurales, le mariage laïc au mariage religieux et risque d’affaiblir le pouvoir des imams face à celui des autorités institutionnelles publiques. Cette réforme a soulevé une réelle question de société à laquelle le Mali est confronté depuis de nombreuses années. Comment concilier tradition et modernité ?

Le Mali célèbre en 2010 le cinquantenaire de son indépendance, avec un point d’orgue pendant la semaine du 13 au 19 septembre 2010 qui fournira l’occasion d’inaugurer des ouvrages tels que le 3ème pont de Bamako, un échangeur multiple et un nouvel hôpital, le plus grand du pays, financé par la coopération chinoise. Les commémorations s’articuleront autour de trois volets. Le premier concerne les activités de mémoire, histoire et culture, avec la production d’émissions de télévision, de radio ou de pièces de théâtre) ou encore la création de modules spécifiques destinés à l’enseignement à l’école. Le deuxième volet porte sur l’aménagement du territoire, notamment au niveau de l’assainissement et de la salubrité dans les capitales régionales et les grands centres urbains. Ce volet demande l’implication de l’ensemble des acteurs nationaux, dont la diaspora malienne et les entreprises du secteur privé dans le domaine de la construction. Enfin, le troisième volet est destiné à la décentralisation et aux collectivités territoriales avec notamment la production d’un programme du cinquantenaire par chaque commune. L’ensemble de ces propositions conduira à la création d’un plan d’action à l’échelle nationale.

Le renouvellement des élus au Mali en s’est fait à 55%, ce qui soulève la question de la formation de ces nouveaux élus. Un renforcement des capacités des élus est nécessaire et doit être accompagné d’un renforcement des ressources financières.

MALI-068.JPG
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 20:28

femmes-b-copie-1.jpgVos vêtements cachent une grande part de la beauté de votre corps, mais ne peuvent dissimuler les disgrâces de son sort.

Et bien que vos vêtements vous procurent la liberté de l'intimité, ils risqueraient de vous harnacher et de vous enchaîner.

Puissiez-vous aller à la rencontre du soleil et du vent, la peau respirant plus de lumière et le corps effleurant moins de vêture.

Car le souffle de la vie est dans les regards du soleil, et la main de la vie est dans les caresses du vent.

Certains d'entre vous disent : c'est le vent du nord qui a tissé les vêtements que nous portons.

Et moi je leur dis : certes, c'est le vent du nord ; mais il effile le tissu ramolli de vos nerfs pour tisser de quoi couvrir votre honte.

Et dès lors que son ouvrage est achevé, il se met à rire aux éclats dans la forêt.

femmes.jpgN'oubliez pas que la pudeur sert d'armure contre l'œil de l'impur, et lorsque l'impur n'est plus, que devient la pudeur, sinon un carcan pour le corps et une souillure pour l'esprit ?

Et n'oubliez pas non plus que la terre rêve de toucher la plante de vos pieds et que les vents languissent de caresser le velours de votre corps et de jouer avec votre chevelure.

 

Le Prophète [1923],

de Kahlil Gibran, poète libanais [1883-1931].
femmes-burq.jpg

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:54

TOUS BAISES !
ST-VALENTIN-001.jpg

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:42

logo attacATTAC SAMBRE-AVESNOIS


S
i on prenait un peu aux riches,
ça ferait combien pour les pauvres ?

 

Soirée débat avec Jean GADREY
 

Economiste, professeur émérite à l'Université de Lille 1, membre de la « Commission de Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social » présidée par Joseph Stiglitz.

 

Vendredi 26 février 2010 à 18h

 

Maison Folie – Place Vauban

Place du Char - Maubeuge

 

Question politiquement incorrecte quand on est gouverné par des riches, mais je la pose. Calculs et scénarios sur la base de chiffres officiels qui ont fait de gros progrès (merci au CNIS et à l’Insee), mais qui sous-estiment probablement encore un peu les revenus des très riches.

Jean Gadrey

 


CONTACT GROUPE LOCAL ATTAC SAMBRE-AVESNOIS: acourte@hotmail.fr

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 21:35

Suite à la brillante conférence sur la stratégie économique de notre territoire, lors du Conseil communautaire du jeudi 4 février, et afin de l’améliorer encore, les membres de la commission économique de l’Agglo et son président devraient lire ou relire un ouvrage sur l’économie sociale et solidaire. Il est paru en janvier 2006, édité par Alternatives économiques et toujours d’actualité.
Economie sociale 001En effet, il ne faut pas réduire l’économie à deux secteurs : d'un côté, une économie marchande dominée par les entreprises de statut capitaliste ; de l'autre une économie publique où Etat et les collectivités locales offrent également des biens et des services. Cette image ne correspond pas à la réalité.

D’une part, au sein de l'économie marchande, de nombreuses entreprises poursuivent d'autres objectifs que d'enrichir des actionnaires. Elles font pénétrer du collectif, du « public» dans le «privé». D’autre part, l’économie non marchande ne se limite pas à l'Etat et aux collectivités locales.
De multiples structures issues de l'initiative citoyenne, prennent en charge des besoins que le marché ne satisfait pas ou mal. Elles introduisent ainsi du « privé dans le public ». 

Les unes et les autres forment ce qu'on appelle l'économie sociale. Une économie ni capitaliste ni publique, fondée sur des principes démocratiques, qui pèse aujourd'hui plus de 10 % de l'emploi privé et produirait un pourcentage bien plus important de richesses si l'on mesurait la valeur de l'activité bénévole qui s'y déploie.

 

Notre capacité à développer l’économie sociale et solidaire, à appuyer l’ensemble des acteurs syndicaux et associatifs, à développer le dialogue social et civil sera un élément déterminant du changement d’image du territoire que chacun souhaite.

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 22:22

La 10ème randonnée de la TransEuropéenne arrêtera à maubeuge le 10 juillet au soir, pour repartir le lendemain matin pour Bruxelles.

2010-Parcours-Paris-Berlin-10eme-rando.jpg 

 

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 21:15

 

 

soleilAucun texte chrétien ne précise quel jour dans l'année est né Jésus-Christ et Noël ne fait pas partie des fêtes suivies par les premiers chrétiens.

 

La date du 25 décembre a été choisie, au IV siècle comme date pour la fête de noël, principalement dans le but de la substituer aux fêtes païennes qui étaient d'usage à l'époque, comme la fête de la renaissance du Soleil, le solstice d'hiver, ainsi que les Saturnales romaines qui avaient toutes deux lieu à la période du 25 décembre.

 

Le solstice d'hiver est une période charnière de l'année, qui regroupait de nombreuses croyances païennes relatives à la fertilité, maternité, la procréation, à l'astronomie et à la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il donnait donc lieu à de nombreuses manifestations.

 

Alors, Joyeux Noël ! Fêtons la renaissance de la nature et l'espérance de vie.
soleil1.jpg

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 21:12

Fronde2.jpgAlors que se tenait à Copenhague « le plus grand rendez-vous de l’histoire de l’humanité», comme l’a si bien dit Jean-Louis Borloo, il se termine par un échec politique historique. C’est une honte et une insulte à l’Humanité et en particulier aux plus pauvres. Cet échec est une offense au travail mené depuis 2 ans [sommet de Bali en 2007], à la mobilisation de la société civile, des autorités locales et des ONG, mais c’est une offense surtout, aux peuples du Sud qui subissent déjà dramatiquement les conséquences du dérèglement climatique. Radeau

Malgré quelques beaux discours, les dirigeants des pays riches, incapables de reconnaître leur dette écologique, n’ont pas pu conclure un accord qui mentionne des objectifs de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre à court et long terme et qui définit un financement spécifique pour la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. Ainsi Hillary Clinton a envoyé un message clair aux pays émergents : « Ce doit être un effort commun. Toutes les économies majeures, industrialisées ou en développement, doivent prendre des mesures robustes et transparentes pour réduire leurs émissions de carbone. Presque tout l'accroissement des émissions de gaz à effet de serre, au cours des deux prochaines décennies, proviendra du monde en développement, c'est un simple fait ». Même l’UE s’est rangée derrière la position des États-Unis. Le manque de courage et d'ambition, les égoïsmes et intérêts nationaux, les enjeux de court terme ont prévalu.

Le sommet de Copenhague pose aussi le problème de la gouvernance mondiale. Le climat est un enjeu politique planétaire. Il s’agit d’un bien public mondial indivisible. La maîtrise nationale du climat est impossible. L’échec de Copenhague c’est la primauté des affaires intérieures des grandes puissances sur les enjeux de l’Humanité et de la planète et des lobbies industriels du pétrole et du charbon. Nous avons besoin d’une gouvernance mondiale. Nombreux sont ceux qui plaident pour une Organisation Mondiale de l’Environnement sur le modèle de l’OMC en matière commerciale.

Un point positif de l’accord, c’est qu’il donne raison aux scientifiques du GIEC et aux ONG, qui fige à 2 degrés la hausse maximum des températures [ces 2° constitue le plus optimistes]. Un autre point positif c’est la mobilisation de millions de citoyens en amont de cette conférence et qui a fait  venir un nombre très important de chefs d'État.

Plus que jamais, nous avons besoin d’une convergence entre les mouvements sociaux, écologistes et de solidarité internationale pour construire un nouvel espoir d’une société civile désormais sensibilisée, pour peser sur les élus et les gouvernements étatiques. La prochaine échéance : Mexico, fin 2010.

Rien ne serait pire qu’une démobilisation, puisque l’urgence est devenue.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 21:01

Monsieur le Président, devenez camusien !

Transférer Camus au Panthéon suppose de partager sa philosophie.

 

Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Vous venez de manifester votre désir d'accueillir les cendres d'Albert Camus au Panthéon, ce temple de la République au fronton duquel, chacun le sait, se trouvent inscrites ces paroles : " Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ". Comment vous donner tort puisque, de fait, Camus fut un grand homme dans sa vie et dans son œuvre et qu'une reconnaissance venue de la patrie honorerait la mémoire de ce boursier de l'éducation nationale susceptible de devenir modèle dans un monde désormais sans modèles.

 

De fait, pendant sa trop courte vie, il a traversé l'histoire sans jamais commettre d'erreurs : il n'a jamais, bien sûr, commis celle d'une proximité intellectuelle avec Vichy. Mieux : désireux de s'engager pour combattre l'occupant, mais refusé deux fois pour raisons de santé, il s'est tout de même illustré dans la Résistance, ce qui ne fut pas le cas de tous ses compagnons philosophes. De même, il ne fut pas non plus de ceux qui critiquaient la liberté à l'Ouest pour l'estimer totale à l'Est : il ne se commit jamais avec les régimes soviétiques ou avec le maoïsme.

Camus fut l'opposant de toutes les terreurs, de toutes les peines de mort, de tous les assassinats politiques, de tous les totalitarismes, et ne fit pas exception pour justifier les guillotines, les meurtres, ou les camps qui auraient servi ses idées. Pour cela, il fut bien un grand homme quand tant d'autres se révélèrent si petits.

 

Mais, Monsieur le Président, comment justifierez-vous alors votre passion pour cet homme qui, le jour du discours de Suède, a tenu à le dédier à

Louis Germain, l'instituteur qui lui permit de sortir de la pauvreté et de la misère de son milieu d'origine en devenant, par la culture, les livres, l'école, le savoir, celui que l'Académie suédoise honorait ce jour du prix

Nobel ? Car, je vous le rappelle, vous avez dit le 20 décembre 2007, au palais du Latran : " Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé. " Dès lors, c'est à La Princesse de Clèves que Camus doit d'être devenu Camus, et non à la Bible.

 

De même, comment justifierez-vous, Monsieur le Président, vous qui incarnez la nation, que vous puissiez ostensiblement afficher tous les signes de l'américanophilie la plus ostensible ? Une fois votre tee-shirt de jogger affirmait que vous aimiez la police de New York, une autre fois, torse nu dans la baie d'une station balnéaire présentée comme très prisée par les milliardaires américains, vous preniez vos premières vacances de président aux Etats-Unis sous les objectifs des journalistes, ou d'autres fois encore, notamment celles au cours desquelles vous avez fait savoir à George

Bush combien vous aimiez son Amérique.

 

Savez-vous qu'Albert Camus, souvent présenté par des hémiplégiques seulement comme un antimarxiste, était aussi, et c'est ce qui donnait son sens à tout son engagement, un antiaméricain forcené, non pas qu'il n'ait pas aimé le peuple américain, mais il a souvent dit sa détestation du capitalisme dans sa forme libérale, du triomphe de l'argent roi, de la religion consumériste, du marché faisant la loi partout, de l'impérialisme libéral imposé à la planète qui caractérise presque toujours les gouvernements américains. Est-ce le Camus que vous aimez ? Ou celui qui, dans Actuelles, demande " une vraie démocratie populaire et ouvrière ", la " destruction impitoyable des trusts ", le " bonheur des plus humbles d'entre nous " (Œuvres complètes d'Albert Camus, Gallimard, " La Pléiade ", tome II, p. 517) ?

 

Et puis, Monsieur le Président, comment expliquerez-vous que vous puissiez déclarer souriant devant les caméras de télévision en juillet 2008 que, "désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit", et, en même temps, vouloir honorer un penseur qui n'a cessé de célébrer le pouvoir syndical, la force du génie colérique ouvrier, la puissance de la revendication populaire ? Car, dans L'Homme révolté, dans lequel on a privilégié la critique du totalitarisme et du marxisme-léninisme en oubliant la partie positive - une perversion sartrienne bien ancrée dans l'inconscient collectif français... -, il y avait aussi un éloge des pensées anarchistes françaises, italiennes, espagnoles, une célébration de la Commune, et, surtout, un vibrant plaidoyer pour le "syndicalisme révolutionnaire" présenté comme une "pensée solaire" (t. III, p. 317).

 

Est-ce cet Albert Camus qui appelle à "une nouvelle révolte" libertaire

(t. III, p. 322) que vous souhaitez faire entrer au Panthéon ? Celui qui souhaite remettre en cause la " forme de la propriété " dans Actuelles II

(t. III, p. 393) ? Car ce Camus libertaire de 1952 n'est pas une exception, c'est le même Camus qui, en 1959, huit mois avant sa mort, répondant à une revue anarchiste brésilienne, Reconstruir, affirmait : "Le pouvoir rend fou celui qui le détient" (t. IV, p. 660). Voulez-vous donc honorer l'anarchiste, le libertaire, l'ami des syndicalistes révolutionnaires, le penseur politique affirmant que le pouvoir transforme en Caligula quiconque le détient ?

 

De même, Monsieur le Président, vous qui, depuis deux ans, avez reçu, parfois en grande pompe, des chefs d'Etat qui s'illustrent dans le meurtre, la dictature de masse, l'emprisonnement des opposants, le soutien au terrorisme international, la destruction physique de peuples minoritaires, vous qui aviez, lors de vos discours de candidat, annoncé la fin de la politique sans foi ni loi, en citant Camus d'ailleurs, comment pourrez-vous concilier votre pragmatisme insoucieux de morale avec le souci camusien de ne jamais séparer politique et morale ? En l'occurrence une morale soucieuse de principes, de vertus, de grandeur, de générosité, de fraternité, de solidarité.

 

Camus parlait en effet dans L'Homme révolté de la nécessité de promouvoir un "individualisme altruiste" soucieux de liberté autant que de justice.

J'écris bien : " autant que ". Car, pour Camus, la liberté sans la justice, c'est la sauvagerie du plus fort, le triomphe du libéralisme, la loi des bandes, des tribus et des mafias ; la justice sans la liberté, c'est le règne des camps, des barbelés et des miradors. Disons-le autrement : la liberté sans la justice, c'est l'Amérique imposant à toute la planète le capitalisme libéral sans états d'âme ; la justice sans la liberté, c'était l'URSS faisant du camp la vérité du socialisme. Camus voulait une économie libre dans une société juste. Notre société, Monsieur le Président, celle dont vous êtes l'incarnation souveraine, n'est libre que pour les forts, elle est injuste pour les plus faibles qui incarnent aussi les plus dépourvus de liberté.

 

Les plus humbles, pour lesquels Camus voulait que la politique fût faite, ont nom aujourd'hui ouvriers et chômeurs, sans-papiers et précaires, immigrés et réfugiés, sans-logis et stagiaires sans contrats, femmes dominées et minorités invisibles. Pour eux, il n'est guère question de liberté ou de justice... Ces filles et fils, frères et sœurs, descendants aujourd'hui des syndicalistes espagnols, des ouvriers venus d'Afrique du

Nord, des miséreux de Kabylie, des travailleurs émigrés maghrébins jadis honorés, défendus et soutenus par Camus, ne sont guère à la fête sous votre règne. Vous êtes-vous demandé ce qu'aurait pensé Albert Camus de cette politique si peu altruiste et tellement individualiste ?

 

Comment allez-vous faire, Monsieur le Président, pour ne pas dire dans votre discours de réception au Panthéon, vous qui êtes allé à Gandrange dire aux ouvriers que leur usine serait sauvée, avant qu'elle ne ferme, que

Camus écrivait le 13 décembre 1955 dans un article intitulé " La condition ouvrière "qu'il fallait faire" participer directement le travailleur à la gestion et à la réparation du revenu national " (t. III, p. 1059) ? Il faut la paresse des journalistes reprenant les deux plus célèbres biographes de

Camus pour faire du philosophe un social-démocrate... Car, si Camus a pu participer au jeu démocratique parlementaire de façon ponctuelle (Mendès France en 1955 pour donner en Algérie sa chance à l'intelligence contre les partisans du sang de l'armée continentale ou du sang du terrorisme nationaliste), c'était par défaut : Albert Camus n'a jamais joué la réforme contre la révolution, mais la réforme en attendant la révolution à laquelle, ces choses sont rarement dites, évidemment, il a toujours cru - pourvu qu'elle soit morale.

 

Comment comprendre, sinon, qu'il écrive dans L'Express, le 4 juin 1955, que l’idée de révolution, à laquelle il ne renonce pas en soi, retrouvera son sens quand elle aura cessé de soutenir le cynisme et l'opportunisme des totalitarismes du moment et qu'elle " réformera son matériel idéologique et

abâtardi par un demi-siècle de compromissions et - que - , pour finir, elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté " (t.

III, p. 1020) - ce qui dans L'Homme révolté prend la forme d'une opposition entre socialisme césarien, celui de Sartre, et socialisme libertaire, le sien... Or, doit-on le souligner, la critique camusienne du socialisme césarien, Monsieur le Président, n'est pas la critique de tout le socialisme, loin s'en faut ! Ce socialisme libertaire a été passé sous silence par la droite, on la comprend, mais aussi par la gauche, déjà à cette époque toute à son aspiration à l'hégémonie d'un seul.

 

Dès lors, Monsieur le Président de la République, vous avez raison, Albert

Camus mérite le Panthéon, même si le Panthéon est loin, très loin de Tipaza

- la seule tombe qu'il aurait probablement échangée contre celle de

Lourmarin... Mais si vous voulez que nous puissions croire à la sincérité de votre conversion à la grandeur de Camus, à l'efficacité de son exemplarité (n'est-ce pas la fonction républicaine du Panthéon ?), il vous faudra commencer par vous. Donnez-nous en effet l'exemple en nous montrant que, comme le Camus qui mérite le Panthéon, vous préférez les instituteurs aux prêtres pour enseigner les valeurs ; que, comme Camus, vous ne croyez pas aux valeurs du marché faisant la loi ; que, comme Camus, vous ne méprisez ni les syndicalistes, ni le syndicalisme, ni les grèves, mais qu'au contraire vous comptez sur le syndicalisme pour incarner la vérité du politique ; que, comme Camus, vous n'entendez pas mener une politique d'ordre insoucieuse de justice et de liberté ; que, comme Camus, vous destinez l'action politique à l'amélioration des conditions de vie des plus petits, des humbles, des pauvres, des démunis, des oubliés, des sans-grade, des sans-voix ; que, comme Camus, vous inscrivez votre combat dans la logique du socialisme libertaire...

 

A défaut, excusez-moi, Monsieur le Président de la République, mais je ne croirai, avec cette annonce d'un Camus au Panthéon, qu'à un nouveau plan de communication de vos conseillers en image. Camus ne mérite pas ça. Montrez nous donc que votre lecture du philosophe n'aura pas été opportuniste, autrement dit, qu'elle aura produit des effets dans votre vie, donc dans la nôtre. Si vous aimez autant Camus que ça, devenez camusien. Je vous certifie, Monsieur le Président, qu'en agissant de la sorte vous vous trouveriez à l'origine d'une authentique révolution qui nous dispenserait d'en souhaiter une autre.

 

Veuillez croire, Monsieur le Président de la République, à mes sentiments respectueux et néanmoins libertaires.

 



Michel Onfray

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Urgence

   

Utopie ?

Le monde change. Le capitalisme national a laissé la place à un capitalisme financier et mondialisé qui pille nos ressources et met les personnes en concurrence. Il n'est pas régulé et il fait des ravages importants : au nord comme au sud, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres plus en plus pauvres. Ces inégalités sont de plus en plus insupportables.
Un monde en paix est un monde en équilibre. C'est un monde qui recherche l'égalité entre tous, entre les continents, entre les peuples. Un monde solidaire et vivable pour nos enfants.
Utopie ? non cette vision est partagé par des millions d'hommes et de femmes. Et c'est parce que je crois que nous pouvons construire ensemble un projet de développement durable humain pour toute la société que je suis libertaire, socialiste, écologiste et altermondialiste.

Victor HUGO

Vous voulez les misérables secourus,

nous voulons la misère supprimée.  

C génial

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Chaine d'union

A lire

L'ouvrage n'a rien d'une marche arrière marxiste, ou d'un plaidoyer écolo, c'est une analyse incisive et clairvoyante de nos dérives, et une proposition moderne, facile à lire, d'une nouvelle organisation du monde.
Il faut lire Kempf.