Les mots [maux ?] du libéralisme

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Lors de la dernière assemblée de la section de Maubeuge, le 4 mars, notre camarade Yves nous a demandé de faire attention aux mots [maux ?] que nous utilisons. Il a insisté sur la nécessité de parler de "cotisation sociale" plutôt que de "charge".

 

Yves a parfaitement raison car la victoire du Libéralisme passe aussi par l'acceptation d'un vocabulaire nouveau et accepté.

 

D'ailleurs, pourquoi parle t on aujourd'hui des "Salariés", et non plus des "Travailleurs" ?

Le travailleur signifie qu'il produit, qu'il agit. Le travailleur est actif, il contribue, il est un élément à part entière du processus de production, donc il est créateur lui aussi de richesse.

Le salarié, lui, ne crée rien. Le salarié touche un salaire, il coûte, il est une charge. Le salarié, on le paye, on l'achète. Le salarié devient une marchandise comme une autre, qu'il s'agit d'avoir au moindre coût.

 

L'humain est devenu une valeur marchande. L'OMC a gagné, tout est marchand, même l’éducation, la culture, l’insertion, l’eau, l’électricité...

 

Notons également : un travailleur sans travail est un DEMAANDEUR d'emploi alors que l'entreprise OFFRE un emploi ; mais aussi : "un chômeur doit se vendre", Pôle emploi parle depuis longtemps de "clients", et même dans le travail social on commence à parler de clients...

 

L’idéologie, dominante propagée par une élite aux intérêts bassement égoïstes, nous façonne aussi par le vocabulaire, et nous oblige à l'accepter en l'utilisant nous mêmes.

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Publié dans Politique

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C
De la même façon, pourquoi parle-t-on moins de contributions (directes et indirectes) remplacées par l'usage quasi exclusif de l'impôt? Les impôts ont même leur hôtel ! (construction qui n'a heureusement rien à voir avec l'autel, où l'on célèbre les sacrifices !!). On dira qu'on joue sur les mots? Mais en l'utilisant nous-mêmes, nous avons aussi accepté cette évolution.<br /> Dommage, car le mot contribution inclut le préfixe "co-" qui implique l'association en même temps que la simultanéité. "Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable..." précisait l'article 13 de la Déclaraton des Droits de l'Homme et du Citoyen. <br /> Pas besoin de faire un dessin, quand on est imposé ou imposable, même si on fait la même chose que le contribuable, l'acte n'a plus le même sens. D'une certaine manière, le contribuable contribue... il participe ! Il apporte sa contribution tandis qu'une personne contribuée ça n'existe pas : elle est imposée !<br /> Mieux, l'expression "cotisations sociales", avec le même préfixe "co-", insinue que la démarche est librement consentie par ceux qui en ont la responsabilité... <br /> En attirant notre attention, Yves s'est montré encore plus à gauche que le commun des socialistes !<br /> Sincèrement, je partage tout à fait la crainte que l'idéologie libérale ne nous façonne aussi par le vocabulaire. J'avais trouvé équivoque un certain vocabulaire de ministres socialistes qui, à une époque pas si éloignée et en emboîtant le pas aux discours de la droite, mettaient (trop?) en avant de très populistes "baisses d'impôts".<br /> Aujourd'hui, curieusement, l'allusion à "l'indispensable contibution" au sens de la D.D.H.C., revient dans l'actualité quand tel un gouvernement de droite et Sarkozy en tête veulent faire croire (pédagogie, disent-ils) qu'un investissement social conséquent de l'Etat serait empêché par la nécessité d'économiser "l'argent des contribuables"!<br /> Quelle perfidie !
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