Projet éolien à Bachant
Lors des réunions de l'été 2026, les élus de la CAMVS ont manifesté un avis défavorable concernant Le projet de parc éolien de Bachant porté par la société Boralex, contre l’avis favorable des élus de Bachant.
Face à la multiplication des projets, une motion a été adoptée par les élus de la CAMVS d'organiser un débat afin adopter une doctrine communautaire globale sur l’implantation des éoliennes.
Les Ecologistes de l’Avesnois souhaite préciser leur position sur les projets Eoliens afin de contribuer au débat.
L’enquête publique concernant le projet éolien de La Grande Fache, porté par l’entreprise BORALEX sur les communes de Bachant et de Saint-Rémy-Chaussée, s’est déroulée du 26 mai au 26 juin 2026.
Ce projet prévoit cinq aérogénérateurs, pour une puissance maximale de 21 mégawatts et une production annoncée d’environ 40 gigawattheures d’électricité par an.
Notre position est claire : nous sommes favorables à ce projet. Mais être favorable à l’éolien ne signifie pas être favorable à n’importe quel projet, n’importe où et dans n’importe quelles conditions.
Soyons cohérents face au défi climatique et énergétique, nous devons réduire nos émissions de carbone, renforcer notre indépendance énergétique. L’éolien fait partie de cette réponse.
Le projet de La Grande Fache représente cinq machines et environ 40 GWh de production annuelle annoncée. Ce n’est pas symbolique. C’est une contribution concrète à notre production d’électricité renouvelable.
Et il y a également une dimension économique qu’il serait irresponsable d’ignorer. Selon les chiffres présentés par la commune, Bachant pourrait bénéficier d’environ 80 000 euros de recettes fiscales par an, pendant près de trente ans. Ce n’est pas anecdotique. Elle peut contribuer à financer l’entretien des bâtiments publics, des routes, des espaces publics, mais aussi les investissements nécessaires à l’adaptation de nos communes à la transition écologique.
Oui, une éolienne transforme le paysage. Il faut évidemment l'assumer. Une éolienne se voit. Le paysage sera modifié.
Mais il faut raisonner avec objectivité. Le dossier indique qu’aucun parc éolien n’est actuellement implanté à proximité immédiate du secteur, le parc existant le plus proche étant situé à environ 16,4 kilomètres. Nous ne sommes donc pas, dans ce cas précis, face à une accumulation anarchique de machines autour du village.
Nous devons juger ce projet sur ses réalités : son implantation, ses impacts, les mesures d’évitement et de réduction prévues et les réponses apportées aux observations environnementales.
La Mission régionale de l’Autorité environnementale a demandé des compléments, notamment sur les oiseaux, les chauves-souris, le paysage et certaines implantations. Le porteur du projet y a apporté des réponses.
Cela doit être examiné sérieusement. Mais il faut aussi avoir une certaine cohérence dans notre approche du paysage. On nous parle de « dévastation des paysages ruraux ». C’est une appréciation qui peut être légitime, mais elle reste en partie subjective.
Alors posons-nous la question : les lignes à haute tension, les pylônes, les antennes-relais, les infrastructures routières, notamment la nouvelle 2x2 voies de la RN2, ne transforment-ils pas eux aussi profondément nos paysages ?
Et pourtant, avons-nous engagé avec la même détermination une réflexion globale sur l’ensemble de ces infrastructures ?
Notre territoire ne dispose toujours pas d’un véritable plan paysager. C’est pourtant cette vision d’ensemble qui nous manque.
Notre principale critique porte donc sur la méthode
Nous regrettons profondément que ce projet n’ait pas été construit davantage avec les habitants.
Il y a une différence fondamentale entre faire accepter un projet aux habitants et construire un projet avec eux.
Nous aurions souhaité une véritable démarche citoyenne.
Une démarche dans laquelle les habitants auraient pu débattre de l’emplacement des machines, de leur nombre, des mesures de protection du paysage et de la biodiversité, des conditions d’exploitation et surtout des retombées pour le territoire.
Parce que l’acceptabilité ne se décrète pas. Elle se construit.
Et cette exigence vaut pour l’éolien comme pour tous les grands projets qui transforment notre territoire.
Il nous manque surtout une véritable stratégie énergétique territoriale
C’est probablement là que se trouve notre principal regret.
Nous discutons aujourd’hui d’un projet éolien particulier alors que nous n’avons pas suffisamment débattu de la question énergétique à l’échelle de notre territoire.
Nos intercommunalités, le Parc naturel régional de l’Avesnois et le SCoT n’ont pas, à notre connaissance, suffisamment travaillé collectivement sur une stratégie énergétique permettant de répondre à des questions pourtant essentielles.
Où voulons-nous développer l’éolien ?
Quels secteurs voulons-nous absolument préserver ?
Combien de machines notre territoire peut-il accepter ?
Quelle place voulons-nous donner au solaire ?
Que faisons-nous en matière de sobriété énergétique et de rénovation des bâtiments ?
Comment développons-nous l’écomobilité et les autres énergies renouvelables ?
Et surtout :
Quelle part de la valeur créée doit revenir directement aux collectivités et aux habitants qui accueillent ces installations ?
Voilà le véritable débat.
Car l’éolien ne doit pas devenir une succession de projets individuels auxquels les habitants seraient sommés de répondre, projet par projet, sans jamais disposer d’une vision globale.
L’éolien doit s’inscrire dans un projet de territoire
Nous ne voulons pas opposer les agriculteurs aux habitants, les élus aux riverains, ou les écologistes aux territoires ruraux.
Nous voulons au contraire que la transition énergétique soit une opportunité pour nos territoires.
Les énergies renouvelables sont aussi les énergies de la paix.
Dans le contexte international que nous connaissons, réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, c’est également renforcer notre souveraineté énergétique.
C’est pourquoi, écologistes, nous assumons notre position :
nous sommes favorables au projet éolien de La Grande Fache.
Mais nous disons aussi : faisons mieux !!
Faisons de ce projet l’occasion d’engager enfin une véritable réflexion collective sur notre avenir énergétique.
Faisons en sorte que les habitants ne soient pas simplement consultés une fois que le projet est déjà largement défini.
Faisons en sorte qu’ils puissent participer aux choix.
Et faisons en sorte qu’ils puissent davantage bénéficier de la valeur créée.
Notre position est donc simple.
Nous sommes pour la transition écologique. Nous sommes pour la transition énergétique.
Nous sommes favorables à l’éolien lorsqu’il est pertinent, encadré et inscrit dans une stratégie territoriale.
Mais nous voulons surtout passer du projet éolien au projet de territoire citoyen.
Parce qu’il ne suffit pas de construire des éoliennes pour réussir la transition énergétique. Il faut aussi construire la confiance. Et cette confiance passe par la transparence, la participation et le partage de la valeur.
Dominique Delcroix
Groupe Les Ecologistes Avesnois
06 86 81 63 62
17, résidence Benjamin Delessert Rue de sous-le-bois 59600 MAUBEUGE
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