La Crise ? Comment en sortir ?
Mercredi 4 mars, lors de l’assemblée mensuelle de la section de Maubeuge du PS, j’ai planché sur la Crise. Vous trouverez ci-dessous mon travail.
Le débat qui a suivi a permis notamment de mettre en évidence qu’au-delà d’un contre plan de relance, les socialistes doivent concevoir un projet radicalement alternatif qui remet la question de l’égalité au premier plan de la réflexion, qui seule peut inspirer un projet pour le développement humain. La solidarité, la fraternité sont notre perspective, nous devons permettre aux gens de rêver. Parce que la crise écologique est réelle, que la société de l'hyperconsommation est à bout de souffle, nous devons oser parler de « décroissance ». Enfin, pour changer la vie les socialistes sont de retour…
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Mon propos ce soir concernera la crise, et comment en sortir
Je vais d’abord vous rappeler ce qu’est cette crise, puis parler du comportement de Sarkozy et du gouvernement et enfin des propositions pour en sortir.
La crise s'est déclenchée aux Etats unis en 2006 avec l’effondrement des prêts immobiliers [les subprimes], que les emprunteurs, souvent de conditions modestes, n'étaient plus capables de rembourser.
La crise financière est donc liée à la répartition inégalitaire des ressources.
Révélée en février 2007 aux Etats unis, elle s'est transformée en crise financière mondiale à partir de l'été 2007. Cette crise générale du système financier, à cause du manque de solvabilité globale des banques, a causé une première chute des marchés boursiers à l'été 2007, puis une autre beaucoup plus profonde à l'automne 2008.
Il est bon également de rappeler la crise des années 90 qui a ébranlée principalement l’Asie.
Si les Etats-Unis ont été les premiers touchés, l'Europe n'est pas épargnée : la crise financière a fragilisé les banques, précipité la chute des indices boursiers et déprimé l'économie réelle.
Mais la crise n’est pas nouvelle, nous ici nous savons que la crise sociale a démarré dans les années 60. En 65, 175 licenciements à Usinor Louvroil.
Puis dans les années 80, s’est développé un déséquilibre de la répartition des richesses. Le système a préféré redistribuer les bénéfices aux actionnaires, pas aux salariés, ni à l’investissement et donc développer la consommation par le crédit.
Enfin dans les années 90, le développement de la mondialisation, à travers la libéralisation financière internationale et la mise en place d’un système généralisé de libre-échange a donné une violence nouvelle et décisive à cette crise de la répartition des revenus.
Mais n’oublions pas, qu’il existe aussi la crise énergétique, la crise climatique et la crise alimentaire. Toutes ces crises sont mondiales, interdépendantes et s’additionnent.
Une autre cause de la crise, réelle mais taboue celle la, est liée aux dépenses de guerre. Elles s’élèvent rien que pour les Etats unis à 500 milliards de dollars par année [le plan de relance = 800]. Depuis la Seconde Guerre mondiale, il s’agit des dépenses les plus élevées dans le monde entier.
Financées par le contribuable, ces dépenses sont autant de fonds qui ne prennent pas la forme de dépenses sociales, ni d’éducation ou de formation pour le développement humain durable.
Cet été, Sarkozy et le gouvernement nous ont d’abord dit que la crise était celle des autres, qu’elle ne nous concerne pas.
Puis ils ont mis au point un plan de sauvetage des banques et en décembre 2008 un plan de relance. Sarkozy affiche un plan de relance qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu : 26 milliards, alors qu’il n’y a que 6 milliards de crédits nouveaux ; le reste, ce sont les 11 milliards que l’Etat doit aux entreprises.
C’est un plan déséquilibré qui mise tout sur l’investissement. C’est un plan pour le patronat et Sarkozy vient de leur annoncer encore un nouveau cadeau de 8 milliards avec la suppression de la TP ! Et pour les travailleurs, ce sont les suppressions d’emplois ou le chômage partiel.
Ce plan n’aura pas d’effet immédiat, alors qu’il y a urgence, il n’est même pas coordonné au niveau européen alors que la crise est mondiale.
Le 18 février, il a choisi de poursuivre sa politique, en ajoutant quelques mesures destinées à en dissimuler les effets les plus graves :
Il ne remet pas en cause les cadeaux fiscaux faits aux privilégiés.
Il continue d’aider les banques et les entreprises sans aucune contrepartie en termes de choix d’investissement, de priorités…
Il saupoudre quelques aides pour les victimes du chômage partiel, mais sans envisager la moindre politique en faveur de l’emploi.
Il invente la catégorie de la classe moyenne inférieure pour désigner les SMICar, sans pour autant augmenter le SMIC.
Il continue le démantèlement des services publics, en sacrifiant davantage de postes de fonctionnaires, désignés comme improductifs et bloquant le dynamisme économique
il laisse se dégrader la situation aux Antilles, révélant ainsi un profond mépris à l’égard des populations des territoires les plus fragiles.
Le gouvernement vient de revoir ses prévisions de croissance pour l’année 2009 à la baisse, en entérinant un recul du PIB de + de 1%. Ces annonces viennent après les chiffres catastrophiques de l’augmentation du chômage en janvier et février.
Pour le gouvernement et le président de la République, le chiffre qu’ils viennent d’annoncer est le constat d’un échec de leur politique.
Ils reconnaissent qu’aujourd’hui la crise économique et la crise sociale frappent de plein fouet la France.
Le plan de relance était construit sur des prévisions de croissance pour 2009 légèrement positives. Il est donc déjà dépassé et obsolète avant même d’être appliqué.
Par ailleurs, le gouvernement prévoit également une dégradation très importante du déficit public. Pourtant, loin de relancer la croissance, le déficit est le reflet de l’inefficacité de la politique budgétaire et fiscale menée par la droite.
C’est un déficit passif qui ne soutient aucunement l’activité.
Le Parti socialiste propose un contre plan de relance ambitieux.
Il rappelle que pour être efficace, compte tenu de la nature de la crise, un plan de relance doit marcher sur ses deux jambes et être massif, d’environ 50 milliards d’euros.
Il doit reposer :
- sur le soutien à l’investissement, notamment public via les collectivités territoriales,
- et aussi sur la relance du pouvoir d’achat et de l’emploi : aide exceptionnelle de 500 euros aux bénéficiaires de la PPE et des minima sociaux, revalorisation immédiate de 3% du Smic, baisse de 1 point du taux normal de TVA… La baisse de la TVA permettrai un effet rapide et toucherai beaucoup de personnes.
Le Parti socialiste rappelle également la nécessité absolue de :
- supprimer le mécanisme d’encouragement aux heures supplémentaires qui, dans un contexte de recul de l’activité, est un véritable facteur de chômage,
- et d’annuler le paquet fiscal de manière à retrouver les marges de manœuvre nécessaires à la relance du pouvoir d’achat et de la consommation.
La relance, c’est aussi la protection des travailleurs menacés dans leur emploi ou qui en sont privés : augmentation des contingents de chômage partiel, pénalisation des entreprises qui licencient alors qu’elles font des bénéfices, allongement de la durée d’indemnisation du chômage, développement des contrats aidés…
Ces mesures de court terme doivent être accompagnées de mesures de long terme qui encouragent l'investissement productif, qui favorisent les grands travaux d'infrastructures, qui s'engagent dans le soutien à la recherche et au développement. II faut, également, que les salariés et les consommateurs participent activement aux décisions stratégiques des entreprises.
Sarkozy avait tout faux :
Il a dit : « Je serai le Président du pouvoir d’achat ».
Depuis son élection, les Français ont de plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois.
Il a dit : « Travailler plus pour gagner plus »
En un an, le nombre de chômeurs a augmenté de 220 000… et beaucoup de salariés sont frappés par le chômage partiel.
Il nous proposait deux modèles : les USA et l’Angleterre.
Bush et Thatcher ont entraîné le monde entier dans la crise, en refusant l’intervention de l’Etat dans l’économie et en favorisant le laisser faire et aujourd’hui leurs pays font partis des pays les plus frappés par la crise.
Le libéralisme dont il vantait les mérites a conduit toute la planète à la catastrophe ! Ce sont aujourd’hui les travailleurs et les sans emplois qui paient...
Il avait tout faux… et pourtant IL CONTINUE !
La crise est majeure mais elle n’arrive pas par hasard. Elle résulte de la logique financière et de politiques menées depuis 30 ans auxquelles il faut mettre un terme, en France, en Europe et dans le monde.
Les populations subissent une double peine. Pendant les années fastes elles ont été victimes de la modernité, des théories économiques ultralibérales, elles ont subit des restructurations, des suppressions de poste, une dégradation des conditions de travail et de vie, une stagnation du pouvoir d'achat, le démantèlement des services publics. .. Tout cela au nom de la sainte concurrence et du dieu rentabilité économique.
Aujourd’hui, avec la récession, elles se retrouvent encore victimes, les dindons de la farce qui ne fait rire que très peu de monde.
La récession actuelle présente au moins l’avantage de faire prendre conscience que la mondialisation pensée uniquement en termes financiers et économiques est en train de sombrer et qu'il y a urgence à la remplacer par une approche humaine et sociale, un modèle de développement fait pour l'homme et la planète.
Plus que jamais, l’heure est donc à la mobilisation.
Mes camarades, après le 29 janvier, le 19 mars doit être encore plus beau, nous devons tous être en grève et dans la rue, la rue sera éclairée par un soleil flambloyant.
Pour terminer, nous sommes invités, mes camarades, à un rassemblement Dimanche 22 mars à Paris pour dénoncer l’entreprise de recul des droits sociaux et des libertés publiques que mène Sarkozy depuis des années. Il faut y aller nombreux, il faut relayer cette initiative au niveau local avec tous ceux qui souffrent de la crise et luttent pour l’emploi et contre la vie chère.
Car l’atteinte aux libertés, l’affaiblissement de la vie démocratique, la volonté de tenir la Justice et les médias, la criminalisation des populations et des militants présumées à risque ou turbulents sont, j’en suis persuadé, intimement liés aux situations sociales qui se dégradent et de la monté partout dans le monde des contestations.
Merci