Ni social, ni écologique
Lors de son intervention, Nicolas Sarkozy n'a fixé ni cap ni horizon de sortie de crise. Il a ignoré les revendications exprimées dans les rues. Il aurait pu reconnaître qu'il doit changer de politique et au moins revenir sur le bouclier fiscal des riches pour l'emploi et le pouvoir d'achat des victimes de la crise.
Non, Tsarkosy a fait une seule proposition concrète : la suppression de la taxe professionnelle réclamée par le seul patronat. En effet, je n'ai pas vu le 29 janvier de banderoles, de panneaux, ni entendu de slogans concernant cette taxe. Cette mesure ne répond en rien aux inquiétudes des français, sur l'emploi, le pouvoir d'achat et les services publics.
La suppression de la TP, ce cadeau de plus au patronat, viendra inévitablement et gravement grever les budgets des familles car elle entrainera une hausse très importante des autres impôts locaux, que sont le foncier bâti et la taxe d'habitation. Alors que les entrepreneurs, ce qu'ils demandent, ce sont des aides bien ciblées, à l'embauche, davantage de services publics, des transports, des infrastructures, des crèches et des logements pour leurs salariés, ainsi que de la formation professionnelle, mais les patrons que Nicolas Sarkozy rencontrent, ne sont pas les mêmes que ceux que nous rencontrons dans nos territoires. Ce sont ceux du CAC 40, que Sarkozy critiquent, mais qui sont en réalité ses meilleurs amis.
La suppression de la Taxe Professionnelle ne créera aucun emploi, n'empêchera aucune délocalisation, mais au contraire détruira les services publics des collectivités territoriales, supprimera toutes les recettes des intercommunalités et donc, sera un frein au développement économique à moyen terme.
Ce plan est fait pour les patrons pas pour les chômeurs parce que l'aide à l'investissement et à la trésorerie ne suffira pas à créer beaucoup d'emplois. Pour l’emploi il faut deux conditions, d’une part, augmenter le pouvoir d'achat des plus modestes, c’est efficace, car ils dépensent vite ce qu'ils gagnent, et d’autre part, le développement de l'emploi dans l'économie sociale et solidaire [elle représente 10 % de l'emploi régional] pourrait créer 30 000 emplois en deux ou trois ans avec 500 ME, les emplois aidés dans les associations sont aussi les meilleurs atouts, alors qu'aujourd'hui on en supprime.
Mais de tout cela, il n'est malheureusement pas question dans cette relance qui n'est ni sociale ni écologique.
En effet, son plan de relance est aussi en parfaite contradiction avec le grenelle de l’environnement et les enjeux du développement durable. Aujourd’hui, un plan de relance doit aussi prendre en compte les dégâts du capitalisme sur l’environnement et sur le patrimoine écologique que nous transmettrons à nos enfants. Plus nous consommons d’énergie fossile et plus le PIB augmente. Il est donc indispensable de calculer autrement la richesse pour mieux évaluer les dommages ou les bénéfices de la production et pour agir correctement.
Ce plan ne soutient ni la consommation, ni le pouvoir d’achat, en plus il ne permet pas de soutenir l’activité immédiate et engager l’indispensable mutation de notre mode de développement.