Avion contre train, pourquoi le train en France et si chère ?
En Haut De France, si elle voyait le jour, l’extension de l’aéroport de Lille aurait des conséquences désastreuses sur le climat, la santé des riverains et notre ressource en eau. Et pourtant, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, reste insensible aux arguments et maintient son soutien à un projet du passé tout en n’investissant pas suffisamment dans le rail, comme l’a montré le reportage Sur le Front diffusé ce lundi 13 février sur France 5 !
Le train, on le sait, est la façon la plus écologique de voyager. Un mode de transport jusqu’à 100 fois moins polluant que l’avion, mais paradoxalement beaucoup plus cher pour l’usager… Pour ce nouveau numéro de Sur le front, Hugo Clément s’interroge sur cette aberration écologique. Pourquoi est-ce si souvent moins cher de voyager en avion plutôt qu’en train ?
En France, le prix du billet de train vient d’augmenter de 5 % en moyenne. En Espagne, le train régional devient gratuit sur le trajet que l’on effectue le plus souvent. En Allemagne, à partir du mois d’avril, ce sera « voyage illimité » sur tous les trains régionaux pour un forfait de 49 euros par mois. De passage dans l’Hexagone, les touristes étrangers constatent avec surprise qu’il est plus onéreux de prendre le train que l’avion. « C’est scandaleux pour l’environnement, pas pour nos portes-monnaies ! » s’insurge l’une d’entre eux.
Pour mieux comprendre cet écart de prix entre le transport ferroviaire et aérien, Hugo Clément part à la rencontre d’Audrey, une mère de deux enfants que rien ne prédestinait à devenir militante écologiste. C’est quand elle apprend que l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle allait s’agrandir près de chez elle qu’elle décide de s’engager dans la lutte contre la construction d’un nouveau terminal. Depuis, Audrey se bat chaque jour sans relâche pour réduire le trafic aérien dans le monde et tenter de dessiner un avenir meilleur pour ses enfants. Pour elle, ces 1 300 vols qui décollent quotidiennement de Roissy sont climaticides. Alors qu’un avion pour Barcelone passe au-dessus de leurs têtes, Audrey et Hugo se livrent à un petit comparatif de prix. Pour rejoindre, en famille, la ville espagnole par le train, il faut compter six heures trente de trajet et débourser 833 euros. En avion, le trajet coûte 466 euros. Le verdict est sans appel. Et, pour Audrey, le constat est dramatique : même si l’on assume d’allonger son temps de trajet par conscience écologique, qui peut se permettre de payer une telle somme ?
Pour la jeune femme, il s’agit avant tout d’un choix politique. Pas de TVA sur le prix des billets d’avion, contrairement à ceux du train ; droits de péage pour les TGV afin d’utiliser les rails détenus par l’État ; kérosène non taxé pour les avions… L’État offre un avantage fiscal certain au trafic aérien…
Au fil de l’émission, d’autres interrogations émergent et soulèvent, au passage, d’autres questions écologiques. Alors que, depuis la loi Climat, les lignes de petits vols internes sont censées être interdites pour favoriser le train, pourquoi le vol Lyon-Marseille existe-t-il toujours ? Quid de la disparition des fameux « auto-trains », destinés à embarquer nos véhicules sur les rails pour partir en vacances ? Et pourquoi nos marchandises voyagent-elles par camion sur des routes saturées, au lieu d’utiliser le train, bien moins polluant ?
Autant de questions auxquelles Hugo Clément tente de répondre dans ce nouveau numéro de Sur le front.
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