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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 08:45

amin-maalouf.jpg Changer radicalement de logiciel, c’est ce que propose Amin Maalouf pour sortir de la crise. L’écrivain dénonce l’aveuglement des secteurs économiques et politiques mais garde espoir. En quoi ? En l’Europe, malgré tout. 

 

 

Un article lu sur TerraEco.net

 

 

Crise financière, révolutions arabes, protestations urbaines, notre monde est-il à ce point déréglé ?

Le malaise que traverse actuellement le monde se manifeste de diverses manières. Tant de choses semblent échapper à tout contrôle ! La tourmente financière qui secoue la planète est évidemment l’un des signes de ce dérèglement. Quand on croit que la crise s’est apaisée, elle repart de plus belle. Et les solutions qui sont censées régler les problèmes en profondeur s’avèrent à chaque fois insuffisantes. Si bien que la crise de confiance se généralise. Et les rumeurs font le reste.

Avons-nous si peu retenu de la multicrise de 2008 – financière, monétaire, économique, écologique… – pour rechuter aussi vite ?

S’agissant de la crise financière, il me semble, en effet, que l’on n’en a pas vraiment retenu les leçons. Si j’écoute les analyses de professionnels de la finance, j’entends que les comportements n’ont pas changé, malgré le signal d’alarme de 2008. La Bourse ressemble toujours à un casino où même les banques classiques, les banques de dépôt, continuent à s’inviter à la table.

Les comportements sont encore pires concernant la question climatique ! Nous n’avons rien fait qui soit à la hauteur de la menace – réelle – qui pèse sur la planète. La conférence de Copenhague a clairement démontré l’absence de volonté collective face à ce péril. A quelques exceptions près, ni les pays développés ni les pays émergents ne se comportent de manière responsable. Rien, en tout cas, qui soit à la mesure de ce défi.

Ce dérèglement que vous décrivez n’est-il pas avant tout celui du capitalisme ?

Le capitalisme est bien entendu en crise. Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’alternative au capitalisme. Il faut d’urgence donner davantage de place, dans le cadre d’une économie de marché, à des politiques qui ne recherchent pas seulement les résultats à court terme. Je prends un exemple : tailler dans les budgets du système éducatif porte ses fruits très rapidement si l’on raisonne en masse financière. Mais comment mesurer l’impact de coupes sévères dans l’éducation sur le long terme pour une société ? L’instabilité inquiétante dans laquelle se trouve le monde exige que nos choix politiques soient désormais guidés par la recherche d’autres équilibres que ceux dictés par la productivité et la rentabilité.

Lorsqu’on assiste à des explosions de colère, comme celles qui ont secoué l’Angleterre au cours des dernières semaines, on se dit qu’il est dangereux pour une société de laisser une partie de ses membres, notamment parmi les jeunes, au bord de la route. Le chômage, la diminution de la qualité de l’enseignement, le pourrissement de certains quartiers et, ce qui est bien plus grave encore, l’absence d’horizon, ce sentiment que l’avenir est bouché, c’est extrêmement grave. Nous avons besoin de bien gérer la cohésion sociale. Ce qui inclut aussi la gestion de la diversité. Car l’une des dimensions des troubles récents est manifestement ethnique, ce qui contribue à renforcer le sentiment d’exclusion et de discrimination. Pour moi, la gestion de la diversité est partout déficiente et quelquefois désastreuse.

Le monde est-il sans cap ?

Je pense que notre monde doit être repensé, et que l’on doit se demander de manière sérieuse : où allons-nous, et que devons-nous construire ? La fin des années 1970 a marqué une rupture dans la vision que l’on avait du rôle de l’Etat en Occident. Avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni et de Ronald Reagan aux Etats-Unis, qui ont inauguré une « révolution conservatrice », marquée par une grande méfiance à l’égard du rôle de l’Etat comme à l’égard de la protection sociale. C’était le retour triomphal du monde d’avant le New Deal, d’avant l’Etat-providence. Les considérations sociales sont passées au second plan, ce qui a eu des conséquences profondes que l’on n’a pas toujours su évaluer, tant on était obnubilé par le désir de réduire les dépenses de l’Etat, de diminuer les impôts, de promouvoir la productivité.

Un tiers de siècle plus tard, nous vivons toujours dans un monde où ces idées sont prédominantes, où le conservatisme paraît avant-gardiste et où la défense des acquis sociaux paraît, à l’inverse, conservatrice et même passéiste.

La dégradation par Standard & Poor’s de la note financière des Etats-Unis est hautement symbolique. La confiance du monde est ébranlée…

Nous condamnons les Etats-Unis quand ils se comportent de manière arrogante et nous les supplions d’intervenir quand ils paraissent tentés par l’isolationnisme. Ils sont à la fois irritants et indispensables.

La remise en cause publique de leur crédibilité économique et financière devrait les inciter à redéfinir leur rôle. La première réaction de l’administration Obama était indignée, et on le comprend. Mais on peut espérer que ce « soufflet » symbolique finira par susciter une prise de conscience. Il est clair que les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Ils s’endettent trop, et ils consomment trop, ce qui pèse sur les ressources de la planète ; surtout si l’on considère qu’ils servent de modèle, et que des milliards d’êtres humains voudraient consommer comme eux. La pression sur les ressources énergétiques, minérales et alimentaires serait intenable si les sept milliards de nos contemporains qui seront sur terre fin octobre se mettaient à consommer, par tête d’habitant, autant que leurs congénères d’outre-Atlantique.

Sur un autre plan, il est clair que le statut d’hyperpuissance des Etats-Unis apparaît parfois aujourd’hui comme une responsabilité gigantesque, trop lourde à porter. On a vu, au cours des crises actuelles, que ni la Chine, ni la Russie, ni les pays émergents ne peuvent jouer un rôle similaire. Le seul bloc capable de s’élever à ce niveau, c’est l’Europe. Mais c’est, à la vérité, purement théorique, pour ne pas dire un vœu pieux.

L’Europe que vous souhaitez puissante et rayonnante mais dont vous pointez les faiblesses…

La construction européenne est l’une des entreprises les plus importantes de l’histoire de l’humanité. Que des dizaines de nations décident librement d’unir leur destin et de mettre derrière elles leurs conflits séculaires, c’est là une avancée remarquable. De ce point de vue, l’Europe devrait représenter un modèle, et un repère. Malheureusement, cet espace traverse aujourd’hui une crise grave qui exige un sursaut. Les acquis des soixante dernières années sont menacés, et le risque est grand de voir se renforcer les tendances xénophobes et les tentations séparatistes. Pour retrouver une Europe qui ose aller de l’avant, nous devons œuvrer pour que les citoyens aient un sentiment d’appartenance réelle à l’Europe, qui transcende les autres appartenances sans toutefois les abolir. De mon point de vue, cela exige de construire l’Europe culturelle comme on a construit l’Europe économique, avec la même détermination.

Vous imaginez une Europe capable de guider le monde sur ses valeurs d’intégration, de solidarité, d’écologie et de raison économique. N’est-ce pas utopique ?

Je suis persuadé que l’Europe a une mission importante à accomplir envers le reste du monde, et j’ai le sentiment qu’elle ne la remplit pas aujourd’hui, ou alors de manière très incomplète. Nous assistons, depuis le début de cette année, à un bouleversement historique majeur en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Face à ces événements qui se déroulent dans son voisinage immédiat, l’Europe adopte parfois une attitude frileuse, sans vision à long terme et sans grande générosité. Mais souvent aussi elle adopte une attitude de principe, saine et courageuse ; malheureusement, elle s’essouffle vite, parce qu’elle ne s’est pas donnée les moyens nécessaires pour jouer pleinement son rôle sur la scène internationale. —


Amin Maalouf

Né à Beyrouth (Liban) en 1949, Amin Maalouf vit à Paris depuis 1976. Après des études d’économie et de sociologie, il devient grand reporter. Ancien directeur de l’hebdo An-Nahar International, puis rédacteur en chef de Jeune Afrique, il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Amin Maalouf est l’auteur de Léon l’Africain, Samarcande, Le Rocher de Tanios (prix Goncourt 1993)… Il a publié Le dérèglement du monde en 2009. En juin dernier, il est élu à l’Académie française.

 

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Published by Lu sur TERRAECO.NET - dans Politique
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 16:42

dans-le-silence-des-oliviers.jpgGrâce à Patrick, un ami, je viens de terminer la lecture de « Dans le silence des oliviers » de Michel Benoît. Je ne connaissais pas cet écrivain…

 

Les premières pages m’inspiraient peu ; j’ai eu dans un premier temps du mal en entrer dans l’histoire. Mais avec un peu de persévérance… le cheminement de Jésus raconté par lui-même a retenu toute mon attention. C’est passionnément que j’ai terminé la lecture de ce livre.

 

Avec cette lecture je comprends mieux sa vie... : Jean-Baptiste, la méditation, l’écoute, le combat permanent contre « le mal », la difficulté d’être entendu… J’ai apprécié la présentation « des miracles » comme de simples phénomènes naturels, ainsi que la Parole évangélique resituée dans son contexte concret qui donne un message qui ne tombe pas du ciel mais se construit progressivement à travers des évènements humains.

 

Sans me réconcilier avec la religion et dieu, ce livre confirme que Jésus, l'homme, le prophète est un bienfaiteur de l’humanité qui vise le bonheur en mobilisant les cœurs.

 

Je remercie Patrick pour le plaisir qu’il m’a donné de lire ce livre et j’ai maintenant envie de lire « le secret du 13ème apôtre » du même auteur… Il me permettra peut-être de comprendre un certain nombre de choses et m’éclairer quant à une éventuelle relation avec Dieu… qui sait ???

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Published by dominique - dans Perso
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 16:37

crise 000Une fable qui rappelle quelquechose !

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

crise4.jpgPour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

crise1.jpgC’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.

 

Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?

Pour en discuter rendez vous tous sur la place du village pour la Journée internationale des indignés

Samedi 15 octobre 2011

 

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Published by inconnu - dans Politique
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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 15:44

arnaudLa démondialisation inquiète les partisans d'un libéralisme aux abois

 

La " démondialisation " est au coeur de la primaire de la gauche et sera au centre de la prochaine élection présidentielle. La convergence et la virulence des attaques dont ce projet politique fait l'objet, en particulier des déclarations critiques publiées au cours de l'été dans ces colonnes par Zaki Laïdi, Pascal Lamy et Pierre Lellouche, sont un indice de l'inquiétude qu'il suscite chez les tenants du libéralisme.

 

Leur thèse est connue : la mondialisation serait un phénomène inéluctable, parce que provoquée par des mutations technologiques irréversibles - " le porte-conteneurs et Internet ", selon Pascal Lamy. De surcroît, l'économie mondiale aurait atteint un tel degré d'intrication que les notions d'exportation et d'importation en seraient devenues caduques. Considérée comme l'horizon indépassable de l'humanité, la mondialisation impliquerait " l'adaptation " des économies et des sociétés nationales. Seule la " régulation " permettrait de " maîtriser " ses " excès ".

 

Quant aux millions de femmes et d'hommes que la mondialisation désespère - chômeurs au Nord, esclaves au Sud et à l'Est -, ils n'auraient qu'à prendre leur mal en patience, ses bienfaits supposés devant se faire sentir " à long terme ". Sacralisée à l'instar d'une loi de la nature, la mondialisation s'imposerait donc aux hommes. Proposer un autre modèle de développement déclenche aussitôt une classique entreprise de disqualification : la démondialisation serait une " absurdité " (Zaki Laïdi), une " illusion démagogique ", " une fable " (Pierre Lellouche), un " concept réactionnaire " (Pascal Lamy).

 

Bref, un véritable péché de l'esprit car, pour ses zélateurs, la mondialisation est une visée à la fois téléologique et théologique. Alors rappelons à ces esprits religieux que la loi de la gravitation n'a pas empêché les hommes de construire des avions ni les avions de voler. Les seules lois qui s'imposent à l'homme sont celles de sa raison et de sa volonté. Ce qui a été fait par des hommes peut être corrigé par d'autres hommes.

 

Surtout, si elle tire une part de sa force de données techniques, la mondialisation est avant tout un projet idéologique pensé, voulu et mis en oeuvre avec opiniâtreté par des intellectuels et des responsables politiques, de gauche qui plus est. Le rôle central d'une certaine élite de la gauche française, incarnée par Jacques Delors, Pascal Lamy et Michel Camdessus, dans la conception et la promotion de la mondialisation, a été décortiqué par Rawi Abdelal, professeur à la Harvard Business School, dans Capital Rules : The Construction of Global Finance, (Harvard University Press, 2007). Un livre qu'il serait de salubrité publique de traduire enfin en français et de faire lire au plus grand nombre...

 

Pénétrés de la supériorité du libre-échange, ces hommes se sont toujours considérés comme des progressistes en lutte contre les conservateurs du " vieux socialisme " dirigiste; ils persistent dans cette vision des choses : c'est ce qui donne son sens au mot " réactionnaire " dans la bouche de Pascal Lamy. Pour eux, en 1983, le choc de la " contrainte extérieure " (c'est ainsi que l'on désignait alors la mondialisation) a été un événement providentiel, l'occasion de faire valoir leurs conceptions en jouant du traumatisme politique qu'a représenté sur le moment cette " fin des illusions ".

 

Ils ont alors convaincu François Mitterrand de libéraliser la finance. L'année 1983 n'a pas été l'année de la capitulation de la gauche française devant la finance, mais celle de son ralliement à celle-ci ! Un ralliement dont les mots d'ordre auront été " maîtrise " et " régulation ". A partir de 1985, ayant pris la tête de la Commission européenne (MM. Delors et Lamy) et du Fonds monétaire international (M. Camdessus), ils ont diffusé cette politique de libéralisation financière à l'ensemble de la planète. Par leur habileté politique et leur persévérance, ces " socialistes " français ont réussi à établir ce qu'il est convenu d'appeler le " consensus de Paris ".

 

C'est ce consensus et non celui de Washington, souvent décrié, qui a donné l'impulsion à la libéralisation mondiale des mouvements de capitaux. Ces hommes de gauche français ont ainsi créé un nouveau Moloch libéral, qui a dévoré toute la gauche européenne et ouvert à Tony Blair le chemin de sa " troisième voie ". Voilà ce que nous confirme l'historien américain dans son travail édifiant - quand la recherche universitaire conforte l'analyse politique.

 

La mondialisation a d'abord été financière : en 1983, Internet n'existait pas et les porte-conteneurs n'encombraient pas les océans. Elle le reste encore alors que les flux financiers commandent l'économie. Voir les financiers et leurs complices invoquer le bonheur des peuples du Sud et de l'Est - c'est le rôle du mythe de " l'énorme classe moyenne chinoise " - pour justifier un système qui sert avant tout à les enrichir est un des spectacles les plus obscènes auxquels il nous a été donné d'assister. C'est " le triomphe de la cupidité " dénoncé par le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. Un triomphe rendu possible non par la démission des hommes politiques de gauche, comme on le croit encore trop souvent, mais par leur consentement !

 

Financière, la mondialisation, au gré des accords successifs de libre-échange imposés aux peuples à leur insu par cette élite agissante de la gauche libérale, est devenue aussi la mise en concurrence des économies, des salaires, des fiscalités, des protections sociales, des peuples, des hommes, de leurs vies. Quel aveuglement idéologique que d'avoir accepté l'entrée de la Chine au sein de l'OMC en 2001 sans aucune contrepartie ! " Les idées, la connaissance, l'art, l'hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c'est possible " : ce sont cette raison et ce sens des réalités humaines soulignés par Keynes que les partisans de la mondialisation ont voulu nous faire perdre. C'est le retour à cette sagesse qui est au coeur du projet de démondialisation.

 

Pour ses promoteurs, la mondialisation a toujours été un projet idéologique, le rêve d'un monde enfin débarrassé de la politique, où l'Homo oeconomicus aurait supplanté l'Homo sapiens, ce que Jürgen Habermas a résumé par la formule : " La mondialisation, c'est l'effondrement du pouvoir d'achat des bulletins de vote. " Quant à la " mondialisation heureuse ", rarement une mystification aussi cynique aura été tentée.

 

Ce projet a été démasqué et cette mystification dissipée. Les peuples ont compris la véritable nature de la mondialisation et ils retirent leur confiance aux gouvernements - droite et gauche confondues - qui leur ont imposé chômage et austérité en leur promettant des jours meilleurs.

 

Cette défiance s'exprime dans les taux d'abstention record, dans la poussée de l'extrême droite, dans la colère des paysans brésiliens sans terre ou celle des ouvriers de Continental Clairoix, licenciés pour motif économique et qui ont reçu en 2010 une proposition de reclassement à Bizerte (Tunisie) pour un salaire mensuel de 260 dinars (soit 133 euros). Les peuples refusent dorénavant d'attendre le " long terme " pour profiter des prétendus bienfaits de la mondialisation, parce qu'ils savent avec Keynes qu'" à long terme, nous serons tous morts "...

 

Soit nous conduisons une stratégie de protectionnisme raisonné, européen, social et écologique, soit les peuples céderont aux sirènes perverses des droites extrêmes. La démondialisation s'oppose ainsi autant au délire de l'ouverture infinie des marchés détruisant les protections sociales, les industries et les modes de vie, qu'au repli nationaliste et haineux de Marine Le Pen.

 

Démondialiser, ce n'est pas se retirer du monde, au contraire ; c'est vouloir l'habiter dans la solidarité et l'harmonie.

 

La démondialisation est un projet de modération d'un système financier et économique mondial devenu extrémiste. La démondialisation, c'est la définanciarisation, la démarchandisation et la réorganisation du monde. C'est le projet de construire, avec les pays du Sud et de l'Est, un nouveau système de Bretton-Woods. C'est le keynésianisme du XXIe siècle. Voilà pourquoi la démondialisation est un projet né au Sud et que le mot même a été forgé par le sociologue philippin Walden Bello.
 
C'est de France que sont nés et partis le tsunami financier et la vague de mondialisation libérale ; et c'est donc de France que le coup d'arrêt devra leur être donné. Pour la gauche, le temps de la confrontation avec la finance, frappée d'hubris, est venu. L'heure de rendre la République plus forte que l'économie a sonné. La démondialisation est une remise à l'endroit de la gauche, cul par-dessus tête depuis la victoire des idées libérales en 1983.
 
Face à la crise de la mondialisation, le socialisme redistributif, arc-bouté sur l'Etat-providence, est une impasse ; le socialisme de l'accompagnement, infirmier de l'économie libérale, est une imposture ; le socialisme de la transformation, celui qui veut changer les règles de la finance et de l'économie, est désormais un impératif.


"Tout au long des années 2000, les profits de l'économie réelle ont été confisqués par le système financier qui s'est mis à travailler pour son propre compte et celui de ses dirigeants, dans des conditions extravagantes(...) Il va falloir revenir à un concept de mondialisation plus sain et plus réfléchi. La mondialisation des transports, des communications, de l'information est légitime. Mais le risque financier doit rester contrôlé. Il faut en avoir conscience : si l'on ne fait rien, il y aura d'autres crises, sans doute plus graves (…) Le retour au protectionnisme, ce ne sera pas pour cette fois, mais lors de la prochaine crise. D'un seul coup, la logique de la mondialisation apparaîtra alors comme inadaptée. " De qui sont ces propos sans appel ? D'Emmanuel Todd ? D'Arnaud Montebourg ? Non, de Valéry Giscard d'Estaing.
 
La gauche a le choix : continuer à ânonner le même bréviaire libéral et libre-échangiste –la mondialisation - et alors l'histoire la balaiera ; comprendre ce qui s'est joué à partir de 1983 et faire face à la réalité du monde : elle serait alors fidèle à sa vocation historique et l'avenir pourrait lui sourire à nouveau.

 

 

Aquilino Morelle, Professeur associé à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, Directeur de la campagne d'Arnaud Montebourg

 

Tribune publié dans le Monde

 

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 13:30
Je viens de prendre une douche, je vais maintenant à la clinique ; sortie prévue vendredi ou samedi… 
A bientôt
 
hernie-discale.jpg 
 
hernie.jpg 
hernie- 
 
 
 
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 10:11

Chat noirJ’entends depuis quelques jours la petite musique du commentaire politiquement correct des journalistes… Chacun y va de sa petite note contre les primaires citoyennes… En effet, comment interpréter les « ils se divisent », ils manquent d’unité », « les socialistes désaccordés », « c’est la foire d’empoigne », « la guerre des égos »…

 

Prim-citoy-Logo.jpgChaque candidat doit présenter sa stratégie, ses propositions concrètes afin que chaque citoyen puisse choisir une orientation politique. Il s’agit bien d’une compétition entre 6 champions politiques, ce n’est pas un casting ! Il y a forcément des différences les candidats et même des divergences et des contradictions…

Et que diraient ces journalistes si les candidats avaient tous le même discours… ?

 

Ces primaires doivent mobiliser l’électorat, relancer l’espoir, redonner de la crédibilité à la politique… Les citoyens ont besoin d’une orientation politique nouvelle, audacieuse, qui permet un changement profond du système et qui ne se réduit à seulement limiter les dégâts.

Le-Quart-Etat-Giuseppe-PELIZZA.jpg 

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:28

chomag-.jpgUn taux de chômage le plus fort depuis que SARKO est au pouvoir…

 

3 explications majeures :

     bien sur, à cause de la situation économique la création d’emplois est insuffisante ;

     c’est aussi à cause de la réforme des retraites en cours depuis le 1er juillet, en effet, près de 10 000 chômeurs âgés de 60 ans et plus ne peuvent pas prendre leur retraite avant la fin de l’année…

     enfin, les entreprises, à cause de la défiscalisation des heures supplémentaires, ont recruté moins de chômeurs.

 

Et maintenant, après avoir aidé les banques, le gouvernement met en place une politique d’austérité qui va encore plomber la croissance.

Vivement 2012… mais avant il y a la primaire citoyenne le 9 octobre pour choisir une orientation politique claire, nouvelle et audacieuse !!!

 

Prim-citoy-Tract.jpg

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 21:33

vélo journalDepuis le début des années 80, David Byrne parcourt le monde à bicyclette. Il a roulé sur l’asphalte de presque toutes les grandes villes du monde : de Paris à Manille, de Buenos Aires à Los Angeles en passant par Londres ou Detroit. Et bien sûr, New York où il réside.

 

Très vite, le mythique chanteur des Talking Heads en vient à constater que le vélo le transforme et éclaire sa perception du monde. Ce simple moyen de locomotion lui permet de mieux appréhender l’espace urbain, d’en cerner la beauté, l’étrangeté, d’en épouser les sinuosités. Alors, il pédale, pédale encore, sur une route qui devient une voie vers la liberté et la connaissance de l’autre.

 

Carnets de voyage, mais aussi essai politique, sociologique, traité d’architecture ou de vélosophie, Journal à bicyclette est une fenêtre sur presque tous les recoins du monde dont il nous fait découvrir l’architecture, la vie artistique, l’essor ou le déclin des industries, mais aussi l’imprégnation historique et des facettes souvent méconnues ou inattendues.

 

David Byrne est le fondateur et parolier du mythique groupe de new wave Talking Heads. Il est aussi acteur, vidéaste, artiste, et vit à New York.

 

"Journal à bicyclette" traduit par François Landon

Ed du Seuil, parution 19/05/2011, 400 pages, 23 €

 

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 12:41

Un professeur prend un gros pot de mayonnaise vide et commence à le remplir avec des cailloux d’environ 5 centimètres de diamètre.

Il demande alors aux étudiants si le pot est plein. Ils répondent par l’affirmative.

Le professeur prend alors une boîte de lentilles et verse son contenu dans le pot. Il secoue légèrement le pot. Les lentilles remplissent bien sûr les espaces entre les cailloux.

Il demande aux étudiants si le pot est plein. La réponse est positive.

Le professeur ensuite prend une boîte remplie de sable et la verse dans le pot. Évidemment, le sable comble les trous. Il demande une nouvelle fois si le pot est plein. La réponse est unanime : oui.

Le professeur verse alors deux boîtes de bière dans le pot, complétant ainsi l’espace libre laissé par le sable. Les étudiants rient.

 

Maintenant, dit le professeur, je voudrais que vous considériez que ce pot représente votre vie.

Les cailloux sont les choses importantes : votre famille, votre partenaire, votre santé, vos enfants, celles qui contribueraient à remplir votre vie si tout le reste avait disparu. Les lentilles représentent les autres choses importantes comme votre travail, votre maison, votre voiture.

Le sable correspond à tout le reste, les petites choses.

 

Si vous mettez d’abord le sable dans le pot, poursuit-il, il ne restera plus de place pour les lentilles ou les cailloux. C’est pareil pour votre vie. Si vous consacrez votre temps et votre énergie aux choses secondaires, vous ne pourrez plus vous occuper des choses importantes.

 

Soyez attentifs à tout ce qui est essentiel à votre bonheur : jouez avec vos enfants, amenez danser votre partenaire, voyagez...

Il restera toujours du temps pour travailler, faire le ménage, tout ranger...

Considérez les cailloux, les choses vraiment importantes, avant tout le reste. Définissez vos priorités. Le reste n’est que du sable.

 

Une étudiante demande ce que la bière est censée représenter.

Le professeur sourit : « votre question est très importante, c'est la deuxième morale de l'histoire, c’est pour montrer que même si votre vie vous semble bien remplie, il y a toujours de la place pour une bière ou deux ».

 

Orval.jpg

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 18:10

cyclis.jpgLa plus grande et la plus belle fête nationale et populaire de France...

Le plus beau défilé de l’année, sans char ni canon, plein de joie, de solidarité et d’amitié !

 

les-cyclistes-FL.jpgLes paroles de l’hymne national australien, du gagnant Cadel EVANS, chanté par Tina ARENA, méritent d’être connues ; ni guerrières, ni sanguinaires, ni racistes…

 

Le meilleur feuilleton de l’été est terminé… à l’année prochaine !

les-cycliste.jpg

 

Les paroles de l'hymne australien

Australiens réjouissons nous tous,
Car nous sommes jeunes et libres ;
Nous avons un sol doré et de la richesse pour le labeur,
Notre patrie est ceinte par la mer ;
Notre terre abonde des cadeaux de la nature
D'une beauté riche et rare ;
Dans le livre de l'histoire, qu'à chaque page
Avance la belle et juste Australie !
Aux tons joyeux chantons alors,
« Avance belle et juste Australie ! »

Sous notre Croix du Sud rayonnante,
Nous œuvrerons avec nos cœurs et nos mains ;
Pour rendre notre Communauté
Renommée de toutes les patries ;
Pour ceux venus d'outre-mer
Nous avons des plaines sans bornes à partager ;
Avec courage unissons nous
Pour qu'avance la belle et juste Australie.
Aux tons joyeux chantons alors
« Avance belle et juste Australie !»

 

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Published by D DELCROIX - dans Perso
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Urgence

   

Utopie ?

Le monde change. Le capitalisme national a laissé la place à un capitalisme financier et mondialisé qui pille nos ressources et met les personnes en concurrence. Il n'est pas régulé et il fait des ravages importants : au nord comme au sud, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres plus en plus pauvres. Ces inégalités sont de plus en plus insupportables.
Un monde en paix est un monde en équilibre. C'est un monde qui recherche l'égalité entre tous, entre les continents, entre les peuples. Un monde solidaire et vivable pour nos enfants.
Utopie ? non cette vision est partagé par des millions d'hommes et de femmes. Et c'est parce que je crois que nous pouvons construire ensemble un projet de développement durable humain pour toute la société que je suis libertaire, socialiste, écologiste et altermondialiste.

Victor HUGO

Vous voulez les misérables secourus,

nous voulons la misère supprimée.  

C génial

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Chaine d'union

A lire

L'ouvrage n'a rien d'une marche arrière marxiste, ou d'un plaidoyer écolo, c'est une analyse incisive et clairvoyante de nos dérives, et une proposition moderne, facile à lire, d'une nouvelle organisation du monde.
Il faut lire Kempf.