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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 20:15

ESS afficheLa crise qui pèse sur les peuples n’est pas seulement financière, elle est économique, écologique, sociale, morale et politique.

La rigueur imposée par la gestion de la dette réduit le pouvoir d’achat, l’emploi et la compétitivité des entreprises. Elle réduit donc les chances de reprise tout en en aggravant la situation des classes moyennes comme celle des plus faibles. Les classes dirigeantes font encore semblant de croire à des mesures de régulation très partielles qui continuent à faire la part belle à ceux qui bénéficient du système financier.

Sommes-nous condamnés à des secousses de plus en plus violentes de la nature, de la société, de l’économie, de la finance pour que les dirigeants agissent sur ce modèle économique dominé par une course effrénée vers le profit ?

Nous savons qu’une autre voie est possible et réaliste, permettant une transition écologique et sociale pour une autre économie fondée sur la solidarité.

Cette voie implique :

- D’autres rapports démocratiques, par une écoute et une expression publique des citoyens et de leurs organisations représentatives,
- Une autre conception de la richesse dans sa nature et dans sa répartition,
- Une approche différente de la mondialisation, et de la construction européenne en cherchant des relations équitables entre l’ensemble des acteurs,
- Un développement des échanges marchands appuyés sur la coopération et non sur un excès de compétition pour le seul profit,
- Un développement des échanges non marchands, donnant toute leurs places aux besoins fondamentaux des citoyens,
- Le respect des ressources naturelles comme bien commun et le souci des générations futures,
- L’éducation, la prévention et la culture comme des enjeux déterminants de l’évolution de la société.

Il est temps que cette voie soit reconnue et entendue pour que nous puissions engager une révolution tranquille en réponse aux crises que nous traversons.

Le dualisme Marché-Etat ne suffit plus ; il devient indispensable de tenir compte des apports de la société civile à travers ses engagements économiques et citoyens.

Cette perspective n’est pas utopique, elle est déjà mise en œuvre dans le cadre d’une Economie Sociale et Solidaire (ESS) qui a connu en quelques décennies un essor important sur plusieurs continents.

A la tradition vivante de l’économie sociale représentée par les associations, les coopératives et les mutuelles dans lesquelles le pouvoir ne dépend pas du capital, se sont ajoutées les innovations portées par l’économie solidaire voulant démocratiser l’économie à partir d’engagements citoyens.

L’économie sociale et solidaire est aujourd’hui une force économique encore trop ignorée qui représente 10 % de l’emploi en France, 215 000 employeurs et 2,3 millions de salariés. Déjà de multiples initiatives en son sein montrent qu’il est possible de convertir l’indignation en action. Elle peut donc redonner un espoir politique.

Nous demandons aux politiques, décideurs citoyens, d’intégrer dans leur réflexion l’ensemble de nos propositions pour faire basculer le modèle actuel, en particulier :

- Transformer le système financier en le mettant d’abord au service des entreprises et des particuliers,
- Encourager la réduction des écarts de rémunération au sein des entreprises notamment en instituant une échelle des salaires raisonnée et raisonnable,
- Taxer les transactions financières internationales,
- Développer des pôles territoriaux de coopération économique avec tous ceux qui constituent le cœur de l’économie locale,
- Inscrire et financer l’innovation sociale dans les politiques publiques, nationales et européenne,
- Intégrer les approches de l’économie sociale et solidaire dans la formation initiale et continue, soutenir les formes d’éducation promue par celle-ci (éducation populaire, pédagogie alternative…).

C’est à ce nouvel élan indissociablement politique et économique qu’appellent toutes les composantes d’une économie sociale et solidaire tenant à sa diversité mais consciente de l’importance de son unité pour favoriser une transition écologique et sociale qui passe par le renforcement de la démocratie.

Si nous voulons changer de paradigme, si nous voulons un futur plus accueillant aux jeunes générations,
il est temps de reconnaitre le poids politique et économique des acteurs de l’économie sociale et solidaire

————————————

Organisations signataires

L’association Chantier-Ecole, l’Atelier Ile de France, CAP 21 (Citoyenneté Action Participation pour le 21ème siècle), le CNCRES (Conseil Régional des Chambres de l’Economie Sociale), le CNEI (Conseil National des Entreprises d’Insertion), le CNLRQ (Comité National de Liaison des Régies de Quartiers), la C.G.T. (Confédération Générale du Travail), le Coorace Solidaires Pour l’emploi (Fédération nationale Coordination des Organismes d’Aide aux Chômeurs par l’Emploi), Entreprises Coop FR, la FNARS (Fédération Nationale des Ateliers de Réinsertion Sociale), Finansol, la Fonda, la Fondation MACIF, le Groupe Id’ées, le Groupe Vitamine T, Habitat & Humanisme, les Jardins de Cocagne, la Fraternelle en Sciences, Arts et Social, le Marché Citoyen, le MES (Mouvement pour l’Economie Solidaire), la PFCE (Plate-Forme pour le Commerce Equitable), le Mouves (Mouvement des Entrepreneurs Sociaux), le MRJC (Mouvement Rural Jeunesse Chrétienne), la NEF (Nouvelle Economie Fraternelle), la CG-SCOP (Confédération Générale des Sociétés Coopératives & Participatives), le RTES, (Réseau des Territoires pour l’Economie Solidaire), l’UFISC (Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles), CELAVAR, l’Union nationale des CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement), l’Union nationale études ET chantiers

 

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Published by D DELCROIX - dans Politique
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Urgence

   

Utopie ?

Le monde change. Le capitalisme national a laissé la place à un capitalisme financier et mondialisé qui pille nos ressources et met les personnes en concurrence. Il n'est pas régulé et il fait des ravages importants : au nord comme au sud, les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres plus en plus pauvres. Ces inégalités sont de plus en plus insupportables.
Un monde en paix est un monde en équilibre. C'est un monde qui recherche l'égalité entre tous, entre les continents, entre les peuples. Un monde solidaire et vivable pour nos enfants.
Utopie ? non cette vision est partagé par des millions d'hommes et de femmes. Et c'est parce que je crois que nous pouvons construire ensemble un projet de développement durable humain pour toute la société que je suis libertaire, socialiste, écologiste et altermondialiste.

Victor HUGO

Vous voulez les misérables secourus,

nous voulons la misère supprimée.  

C génial

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L'ouvrage n'a rien d'une marche arrière marxiste, ou d'un plaidoyer écolo, c'est une analyse incisive et clairvoyante de nos dérives, et une proposition moderne, facile à lire, d'une nouvelle organisation du monde.
Il faut lire Kempf.